En cette veille d’élection, je voudrais rappeler l’histoire, je dirais mieux, la « parabole » du « petit poney ». Cela fera bien rire les gens qui la connaissent déjà, et qui me l’ont souvent entendue raconter. C’est un livre d’enfant que j’ai « découvert » quand je devais avoir sept ans environ, l’une de mes premières lectures, de celles qui comptent. Un jeune garçon a un rêve énorme, celui de posséder un petit poney, bien à lui. Pendant des mois, il demande et redemande à son papa, de réaliser ce rêve extraordinaire, celui d’avoir un compagnon qui l’accompagnera dans ses promenades et ses solitudes. Et puis, le jour merveilleux arrive, et son papa lui offre le petit poney, avec cette condition si importante de s’en sentir responsable, de ne jamais l’oublier … le brosser, le nourrir, ne jamais arrêter de penser à son nouveau compagnon ; y penser avant soi-même. Tout est merveilleux, sa vie de petit garçon est changée radicalement, jusqu’au jour où il laisse son petit poney, sans soins, sans nourriture, parce que lui-même est fatigué et ne veut plus entendre parler de rien. Son papa l’emmène alors à la petite écurie et l’oblige à corriger son attitude, à voir la détresse de l’animal qui ne peut compter que sur le sens des responsabilités de son petit maitre. Ce soir là, les yeux lourds et dans son demi-sommeil, notre jeune héros a passé une étape de sa vie d’homme, naissant à une vie d’adulte et apprenant que la vie n’est pas simplement l’exigence du droit de posséder, de jouir, de recevoir … mais que la vie est aussi le sens du don de soi, de la prise de ses responsabilités. A sept ans, c’est pas mal … Je ne suis pas si sûr quand je regarde mes compatriotes et les candidats qui se sont présentés pour recueillir leurs suffrages, qu’ils ont tous assimilés l’expérience de notre petit héros ! Nous verrons bien demain, et puisque la campagne est terminée aujourd’hui, allez lire et relire « le petit poney » avant d’aller voter demain.