Concert en famille

Nous allons écouter un concert à l’église Saint-Symphorien, juste à côté de chez nous, à Versailles. L’effort pour y aller fut vraiment minime, quelques centaines de mètres, et nous ne fûmes pas déçus. Nous sommes accompagnés de nos deux filles, Delphine toujours sensible aux émotions artistiques, et Thérèse qui s’initie toujours plus aux joies musicales malgré les cris et les bougonnements qui emplissent la maison dès qu’elle doit s’asseoir devant son instrument, le piano. Le programme n’est ni trop long, ni trop court, avec un premier motet chanté de Jean-Sébastien Bach, puis le Canon de Pachelbel, et enfin, le « Dixit Dominus » de Haëndel. J’ai apprécié l’ensemble des trois œuvres avec bien sûr une petite préférence pour le « Dixit Dominus ». La chorale Versaillaise n’est pas professionnelle, certes, mais elle s’en approche, sous la houlette de son chef dynamique, qui semble prendre un réel plaisir à jouer la musique et à la faire partager ; en particulier, il parle avec facilité et sans verbiage au début des œuvres, pour les présenter en termes clairs et précis, et sans hésiter dans sa diction. En ce sens, il nous fait déjà passer son exigence de précision et de vivacité, que nous confirmons ensuite à l’écoute des œuvres. Je regarde les musiciens chanter le premier motet, et m’amuse à regarder leurs visages expressifs, puisque nous sommes au premier rang, à quelques quatre-cinq mètres des premiers chanteurs. Certains regardent le chef en permanence et brièvement leur partition ; d’autres font l’inverse, se recalant parfois en jetant un œil sur le chef. Le Canon de Pachelbel est joué en sa globalité, avec la Gigue qui suit les célèbres mesures que tout le monde connait, par un groupe de musiciens du conservatoire de Paris, des jeunes dont certains ne doivent pas dépasser les quinze ans. Ils sont assez extraordinaires, en particulier les deux jeunes violoncellistes qui nous font face. Leurs doigts courent sur le manche de l’instrument à une vitesse époustouflante ! Enfin, le « Dixit Dominus » que j’écoute avec ravissement, et dont je connais quasi chaque note, pour la simple raison que ce fut le premier CD que nous achetâmes quand nous arrivâmes à Aix en Provence, en 1984. Nous avons dû l’écouter plus d’une centaine de fois, jusqu’à ce qu’il disparaisse dans l’ensemble des CD’s volés lors du cambriolage que nous eûmes à México, quelques douze années plus tard. Delphine a dû l’écouter déjà avant sa naissance, puis de nombreuses fois lors de ses premières années d’existence. Est-ce que cela lui rappelle quelque chose de particulier ? En tout cas, c’est une expérience intéressante d’écouter une œuvre connue dans le moindre de ses détails, et ce soir, j’apprécie. Un souffle, une dynamique, une rythmique et des solistes de toute première qualité.

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