Lu dans « récit de soldats », un an à peine après la bataille de Puebla, le 5 Mai 1862, où la glorieuse armée Mexicaine de Juarez, a défait la plus puissante armée du monde de l’époque … quelques régiments de l’armée Française ! Nous sommes au début de 1863, et le Général Bazaine a lavé l’affront de la bataille de Puebla, en s’emparant de la ville qui était le dernier verrou de la marche entre Vera Cruz et la Ville de México. Les Français avaient été abandonnés par les Espagnols et par les Loyalistes adversaires de Juarez. Mais faisons trêve de ces détails historiques, de la grande histoire … ou de la petite, car les Français étaient venus « para cobrar » (pour se faire rembourser leurs dettes) ; et contemplons la Ville, comme le firent ces soldats. Pour ceux qui l’ont contemplé depuis le haut de l’Iztacihuatl ou des contreforts d’Amecameca, pour Cortés qui fut le premier Européen trois siècle plus tôt à le faire, cette évocation enchanteresse de la plus belle ville du monde, les ravira : « Le 1er Juin 1863, nous arrivions à Buena-Vista et nous étions témoins du plus magnifique spectacle qu’il soit donné à l’homme de contempler ; nous apercevions en effet à quelques lieues devant nous et nous dominions comme d’un ballon captif l’immense vallée de México entourée de sa ceinture de montagnes bleues où s’épanouissaient comme de splendides oasis, dix villes, vingt villages, quarante fermes, entourés de jardins délicieux, et où brillaient aux rayons du soleil ses quatre ou cinq grands lacs ressemblant à des mers de vermeil en fusion, ainsi que la cime neigeuse du Popocatepetl ; puis au-dessus de ce panorama unique au monde nous admirions un ciel limpide, transparent, d’un bleu à désespérer un paysagiste et sous le dôme duquel nageaient les rayons d’un soleil de feu. De là, nous allâmes coucher à Ayotla, au pied des montagnes, sur les bords du lac de Chalco. Nous n’étions plus qu’à vingt-six kilomètres de México, et nous voyions à côté de notre camp l’immense chaussée del Marqués, la seule route directe venant de Puebla qui conduise à la Capitale ; nous nous réjouissions donc à la pensée que bientôt nous serions dans ses murs et que la guerre ne tarderait pas de finir ».