Delphine et ses tribulations

Des nouvelles de Delphine, fraichement postées pour toute la famille …
Famille, famille, comment poursuivez-vous le train de vos vacances ? A déterrer les mauvaises herbes du jardin, repeindre les murs, « router » avec Damien et se baigner dans le lac d’Irieux ?Moi je vais bien. Hier et avant-hier j’ai voyagé et ca a été assez fatigant puisque je ne suis arrivée à Passau qu’à 18 heures hier !!! Soit plus de 24 heures de voyage si on compte mon séjour de dix heures à Dijon comme faisant partie du « trip ». Il s’est passé quelques péripéties. Déjá, avant meme de partir de Taizé, j’ai à un moment perdu les Belges de vue et j’ai mis près d’une demi-heure à les retrouver (meme après trois conversations téléphoniques où ils m’indiquaient leur position, mais je ne comprenais rien à leurs explications en franco-néerlandais !!!). J’ai couru comme une folle sous le soleil de plomb et au moment où j’étais la plus désespérée et prete à pleurer, j’ai imploré le Seigneur et il m’a répondu puisque pile à ce moment-là je les ai retrouvés. Ensuite, j’ai bien aimé me balader dans Dijon, c’est une jolie ville aux toutes petites portes. J’y ai croisé des gens de Taizé et une vieille dame qui promenait son toutou dans un parc, avec qui j’ai bavardé (exclusivement à propos du toutou ! Je crois que ca lui faisait plaisir de me parler). Mon bus est arrivé plus tard que prévu, presqu’à une heure du matin et le chauffeur avait une tete de berger tyrolien avec un béret enfoncé jusqu’aux oreilles. Il ne me parlait qu’allemand bien-sur. Il était assez plein (le bus) et la seule place que j’ai trouvé était proche des toilettes… J’ai quand meme dormi et me suis réveillée à Karlsruhe vers 7 heures. Je pensais arriver à Munich vers 11 heures mais je me trompais car il y avait plein de travaux sur la route. On est arrivé sur un parking munichois vers 13 heures et quelques, et il faisait une chaleur à crever. Heureusement il y avait là, dans ce coin paumé, une dame congolaise qui venait chercher sa nièce, laquelle était dans le meme bus que moi et à qui j’avais incidemment preté mon portable (pour qu’elle appelle avec sa propre carte sim). Comme la dame parlait francais je lui ai demandé mon chemin et elle, avec toute la spontanéité un peu rude mais génereuse des Africains, m’a illico embarquée dans sa bagnole pour m’emmener à une station de métro proche de la gare. Elle a aussi embarqué un couple de Togolais, non-german speaking et encore plus paumés que moi. On était donc elle, le couple, la nièce et moi dans la petite voiture avec des bagages qui nous entraient jusque dans les oreilles, c’était assez cocasse. Elle a été vraiment très sympa puisqu’elle m’a expliqué tout le chemin à suivre dans le métro et les phrases à dire en allemand. Arrivée à la Die Bahn Station j’ai acheté un Bayern Ticket à un monsieur pas sympa du tout. J’étais complètement perdue, fatiguée, je ne comprenais rien à la station et aux indications, et mes vetements vieux de la veille étaient trempés de sueur, le top du top ! En plus Rebekka ne répondait pas au téléphone. Heureusement j’ai repéré un point d’info et une fille m’a dit que c’était normal que je sois perdue puisque les horaires avaient changé à cause des travaux. Elle m’a imprimé un travel journey qui m’indiquait les horaires des deux trains et les numéros des voies que je devais prendre pour arriver à Passau. Deux trains ! Et près de quatre heures en tout pour faire 200 km peut-etre. A cette hauteur du voyage le temps ne signifiait plus rien (c’est incroyable comme le temps est élastique quand on voyage sans discontinuer) et j’avais l’impression que mon départ de Taizé remontait à plus d’une semaine. J’ai donc pris les deux trains, sans manger, je n’avais pas faim à cause de la chaleur et de l’inconfort. Heureusement il y avait pas mal de place dans les trains et j’ai pu allonger mes jambes sur ma valoche. J’avais aussi un très bon livre du Cubain Reinaldo Arenas, son autobiographie en fait : Antes que anochezca. Dans le 2e train j’étais dans un wagon avec plein de gosses allemands qui couraient partout et qui criaient en allemand dans tous les coins. Je ne sais pas pourquoi mais les enfants allemands me paraissent toujours en bien meilleure santé que les enfants francais. Malgré la cacophonie (plus un bébé fille qui pleurait, y en a toujours un de bébé braillard dans ces cas-là, pareil dans le bus Dijon-Munich) j’ai très bien dormi, allez savoir pourquoi ! Le paysage était définitement « so bavarian » !!! La dernière demi-heure a été la plus longue car j’avais trop hate d’arriver. Mon T. shirt blanc n’était plus très blanc. Rebekka m’attendait à la gare, fraiche comme un pied de menthe (elle est souvent en vert). Elle avait amené deux byciclettes. Elle a attaché ma valise à roulettes à la queue de son vélo (je ne pariais pas un centime sur le bien fondé du système mais ca a parfaitement marché !). Mon vélo était bien trop haut pour moi mais j’ai réussi à arriver à la maison. Elle vit au dernier étage d’une jolie maison qui en compte quatre (d’étages) en tout. La maison donne sur le fleuve Inn. Son appartement est charmant bien-sur, Rebekka possédant un haut sens esthétique. Il est très lumineux avec des petites fenetres vieillotes qui donnent dùn coté sur le Inn et de l’autre sur une rue pavée. Passau est située au confluent de trois rivières : le Danube, le Inn et la rivière Iltze (je ne suis pas sure de l’orthographe). Quand on monte, comme on l’a fait aujourd’hui, au haut d’une colline où un éveque rebelle a construit un chateau en 1499, on a une très belle vue de la ville (petite et colorée) et du confluent : les trois rivières ont une couleur différente et leur rencontre est très perceptible. Hier soir, après avoir pris une douche réparatrice et mangé un repas aussi esthétique, diététique que bon ( des dattes enroulées dans une jambon fumé et grillées dans une poelle…entre autres. Rebekka est une reine), nous nous sommes baladées au crépuscule dans la ville. Passau est vraiment charmante et petite car restreinte par les trois rivières. Il y a quelques siècles c’était la ville la plus importante de Bavière (Munich n’existait pas) et un carrefour commercial stratégique en Europe. Il y a encore un édifice près du Danube où l’on faisait payer l’impot sur les marchandises qui transitaient par là. Passau était meme un lieu de pèlerinage car il y a une Eglise dédiée à la Vierge (Mariahilfe) sur une des collines qui dominent Passau, où beaucoup de monde venait dans le temps. Le style de la ville est habsbourguien donc baroque et presque hispanique. J’ai vraiment l’impression d’etre à Girona d’ailleurs. Il y a une cathédrale dont l’intérieur est tout en stuc, un peu trop tarte à la crème à mon avis, et plusieurs autres Eglises. L’Hotel de ville date du 15e siècle. Hier soir nous avons poussé jusqu’au campus, qui est tout près. Dans le restau U de l’université il y avait un buffet pour des étrangers qui viennent apprendre l’allemand durant l’été. Il y avait des bières d’ici bien-sur, encore à manger (des trucs bien bavarois) et des vrais bretzels. C’était sympa sauf qu’on a raté la démonstration de danse typique. On n’est pas restées longtemps. Ce matin j’ai dormi comme un loir tandis que Rebekka a eu le temps d’aller à la bibliothèque de l’université et de préparer les pois chiches pour une salade « arabe » (avec une sauce au sésame, au citron et à la menthe extra delicious) que l’on mangera ce soir avec ses amies dans un Biergarten (un jardin de bières ! comment est-ce possible ? On va y faire un barbecue). Aujourd’hui a été une journée bieeen tranquilou, si ca peut te rassurer maman. Le seul moment « sportif » de la journée a été la montée de la colline sous le soleil. Mais ca valait le coup d’oeil. En haut nous avons vu trois jeunes gars qui faisaient de l’escrime. On a un peu déambulé dans la ville, Rebekka me servant de guide. On a l’idée, les jours prochains, d’aller en Autriche à vélo, peut-etre meme jusqu’à Salzburg ! (la ville du sel). On a aussi une idée d’excursion dans la foret bavaroise à deux heures d’ici, au départ de Spiegelau. Enfin, on a la piscine, les amis, des gateaux aux mures à faire, un film brésilien à voir avec une amie de Rebekka, Julia, qui était aussi au Brésil et que j’ai connu là-bas. Ce WE nous irons surement à Munich visiter Katja et Kai, un ami de Rebekka. J’aurais aimé pouvoir voir Cécile, mon amie de Poitiers, qui vivait avec moi la seconde année et qui m’avait emmenée à la rencontre européenne de Taizé à Lisbonne en 2004. Elle a passé un an à Munich, pour faire un stage dans un cabinet d’avocats. Malheureusement je crains qu’elle n’y soit plus. J’espère la revoir à Paris.

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