Vers de nouvelles fractures numériques ?

 

fractureIl y a quinze ans, les non-usagers étaient ceux qui n’avaient pas accès, par manque d’intérêt ou de moyens financiers, aux nouvelles technologies de la communication. Depuis quelques années, le nombre de « non-connectés subis » a considérablement baissé; sans doute, la pénétration rapide des smartphones a t’elle permis de combler cette fracture de foyers ne disposant pas de connexion avec un ordinateur, ainsi que les améliorations notables dans les facilités à aborder des technologies autrefois rebutantes ? Pendant ce temps, l’absence de connexion limite de plus en plus l’accès à des ressources, à des services. Elle tend à devenir un obstacle à l’intégration sociale, voire à l’emploi, parfois à un isolement des personnes âgées, bref une claire source d’inégalité pour les plus démunis de la population. La déconnexion volontaire obéit, elle, à des logiques différentes, contestataires ou centrées sur la qualité de vie. Les injonctions de recourir aux technologies numériques sont très fortes, tant au niveau professionnel que dans la société. Des irréversibilités sont sans doute déjà en train de se mettre en place. Dans un environnement « augmenté », il va devenir de plus en plus difficile de se déplacer sans l’aide des technologies nomades. Dans une ville collaborative ou intelligente, décider de se passer de ces technologies revient non seulement à se compliquer considérablement la vie, mais aussi courir le risque de se voir assimilé à un paria. C’est ainsi que l’anonymat dans ville est en train de s’évanouir. On peut imaginer que ceux qui voudront échapper à ces technologies seront, par nature, suspects. Donc, une autre fracture numérique pourrait apparaître rapidement autour de la maîtrise des outils de contrôle et de protection. Apparaîtra une « nouvelle aristocratie » qui saura assurer quand c’est nécessaire son anonymat ou sa tranquillité par l’usage d’outils sophistiqués (chiffrement, paramétrages complexes, outils d’anonymisation, réseau privé virtuel …), tandis que le reste de la population se verrait offrir celle seule alternative: ne pas utiliser ces outils et s’exclure, ou accepter d’être lus à livre ouvert. Le choix demain, ne sera t’il pas entre « programmer ou être programmé » ?

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