Le football et la géopolitique

Je me suis fait un peu tirer par la manche pour publier dans ce blogue un court traité sur un sujet qui m’est favori, à savoir les relations entre le monde du Football et la Géopolitique, ou parfois plus simplement, l’âme des peuples. Il m’est toujours paru assez évident que les caractéristiques profondes des nations qui aiment jouer au football, transparaissent dans leur style de jeu. Ainsi le jeu rugueux des Anglais, et bien sûr des Scandinaves, a son côté athlétique, nous dirons un peu brut de décoffrage avec des puissants jeux de têtes, alors que les Italiens et le Argentins, leurs cousins outre-Atlantique, vont savourer des combinaisons de passes courtes et précises. Les Allemands propulseront le ballon par de longs tirs en avant, cherchant à maximiser l’efficacité de leur avant-centre ; et ainsi de suite, jusqu’aux Brésiliens qui pourraient oublier de marquer des buts sur un terrain qu’ils confondraient avec le Sambodrome. Mais, ne nous méprenons pas, le style de jeu n’est pas le seul reflet d’un tempérament national ; des éléments plus politiques et économiques sont aussi à l’œuvre. La gestion des clubs par exemple, où nos amis libéraux d’outre-manche, ont introduit en bourse la presque totalité des équipes de leur première ligue, ou accepté que des capitaux internationaux s’en emparent. Les oligarques Russes s’en sont d’ailleurs donnés à cœur joie, en commençant par l’un des clubs de la capitale, celui de Chelsea. Les clubs Espagnols sont plutôt les reflets de la notion du mécénat comme si les réussites en « Ligue des champions » étaient une nouvelle conquête du Nouveau Monde à organiser. Les Italiens ont des clubs qui restent les emblèmes de leurs cités, fières et indépendantes, devant prouver sur le terrain leur suprématie économique, à commencer par celles de la Padanie, Milan et Turin. Les questions qui fâchent sont aussi de la partie, comme celle de l’intégration de la Turquie à l’Europe, tranchée depuis des dizaines d’années par l’organisation Européenne de football qui a permis aux clubs Turcs de Fernhabace ou du Galatasarray de jouer les coupes d’Europe. Il est vrai que c’est la même chose pour la Russie, et il a été particulièrement notable de voir la fierté profonde de Vladimir Poutine lorsque le club de Saint-Pétersbourg a gagné cette année la première coupe d’Europe de l’histoire de ces compétitions. Certainement, un signal qu’a savouré le dirigeant Russe, dans sa stratégie globale de retour de la superpuissance Russe dans tous les compartiments de jeu, me permettrai-je de dire. Cette fin de semaine, il est ahurissant de voir les relations Turco-arméniennes, se réchauffer de manière inattendue, à l’occasion … d’un match de football entre les deux pays, pour la phase de qualification pour la coupe du monde en Afrique du Sud, en 2010. Le Président de la République est allé assister au match, devenant le premier Président visitant le pays voisin, depuis la tragédie de 1905. Pragmatique, il annonçait qu’il pourrait en profiter pour relancer la voie d’une coopération. A voir après le score entre les deux pays, que j’ignore encore … L’équipe nationale d’un pays qui aime le football est une ambassadrice politique évidente, mais aussi le reflet de la conscience du pays, se sa fierté, de son image dans le monde. Je pense bien sûr à l’épopée de l’équipe Allemande, devenue championne du monde en 1954, signant ainsi son retour dans le concert des nations, après la douloureuse parenthèse de la guerre et des années qui suivirent. Ce 4 juillet 1954, l’équipe nationale d’Allemagne joue la finale du Championnat du monde de football. Le but victorieux de 3 :2 marqué par Helmut Rahn contre la Hongrie favorite apporte au pays bien plus qu’un titre sportif. De nombreux Allemands vivent ce triomphe comme la renaissance d’une nation. Ils ont perdu la Seconde Guerre mondiale, mais peuvent dorénavant se ranger parmi les vainqueurs. La victoire en finale contribue autant au renouveau d’une conscience de leur propre valeur que la reconstruction quasi achevée du pays en ruine ; le futur miracle économique est déjà en route.

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