La parc Siqueira Campos

Siqueira

Il est un parc sur l’artère la plus fameuse de Sao Paulo, la « Paulista », que je ne connaissais encore pas. Et pourtant … j’ai même habité pendant six mois, en début 2006, juste en face à l’hôtel « Blue Tree » de la rua Peixoto Gomide. Je travaillais de l’autre côté, dans les bureaux d’Oberthur et il me fallait alors traverser la « Paulista » et longer cet ilot de verdure, chaque matin. Il ne m’était jamais venu l’idée de faire un simple détour et de me plonger dans le « Parque Siqueira Campos ». Pourquoi ? Peut-être à cause des essences présentes dans ce parc, arbres et plantes aux feuilles larges et vertes foncées. Elles semblent couper tout rayon du soleil et isoler ce lieu du fourmillement de la ville qui l’entoure. La première réaction est craintive comme dans tout lieu retiré, et qui participe d’une ambiance générale urbaine connue pour sa violence. Je n’avais jamais eu non plus l’occasion de devoir reprendre mon souffle passant de la jungle urbaine à la jungle végétale. Enfin, me promenant cet après-midi de nouveau dans le centre de cette ville affolante, je fus tenté de quitter quelques minutes la trépidation pour m’enfoncer dans l’univers végétalien du Parc. Ce fut comme l’entrée dans une église Andalouse, un après-midi d’été ; de la chaleur moite et oppressante, je passais dans une pénombre calme et sombre. Quelques personnes habitaient le lieu, tombant dans deux catégories, les premiers traversant d’un bon pas le Parc comme on traverse le Parc Monceau à Paris, les seconds assis sur des bancs publics et jouissants des instants volés pour lire un livre ou méditer en toute tranquillité. Quelle merveille que ce saut dans les senteurs et dans le calme quasi absolu, où même les oiseaux semblent gazouiller tout doucement pour ne pas troubler les pensées des promeneurs. Le Parc passe même au dessus d’une rue parallèle à la « Paulista » ; mais, on n’y fait même plus attention, tant la ville est oubliée une bonne fois pour toute. Les chemins de traverse sont pavés des mêmes céramiques blanches et noires, qui tapissent les trottoirs de Sao Paulo ou de Rio de Janeiro, petites céramiques faisant des dessins de vagues plus ou moins discernables pour les promeneurs. Et puis, ces grandes feuilles charnues des arbres, ces racines tellement énormes qu’elles ne semblent plus tenir dans le sol et ressortent comme indomptables. Le silence enfin, assourdissant, lourd et compact qu’accompagne les promeneurs qui n’oseront lever la voix. Je glisse dans cet univers étrange pour une bonne demi-heure, émergeant dans la ville en face du MASP et me sentant tout étrange d’une telle expérience !

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