Le général Santa Anna

Vous connaissez sans doute mon intérêt pour le général Mexicain, Antonio Lopez de Santa Anna! Une personnalité hors du commun, en ce dix-neuvième siècle charnière pour la création des deux Unions d’Etats que seront les Etats Unis d’Amérique et les Etats Unis du Mexique ; toute cette époque déterminant une nouvelle frontière entre les deux Unions, fruit de différentes guerres, de choix d’adoption des populations et parfois, fruit de la supposée trahison d’un homme … Santa Anna!
Beaucoup a été dit sur cet homme qui a perdu la guerre du Texas … pardon, du Coahuila, puisque l’état du Texas n’était alors que la partie Nord de l’état Mexicain du Coahuila! Il a volé l’argent public, puis il a utilisé l’argent qu’il volait pour nourrir les troupes officielles du Mexique ; c’était l’époque, mieux valait se servir avant les autres dans les caisses, et seule l’histoire jugera en fin de compte. Il avait une manière de vivre ses onze présidences de manière assez détachée puisqu’il ne participa pas physiquement à beaucoup des inaugurations de ses mandats, laissant les vice-présidents prendre les responsabilités, alors qu’il allait guerroyer ou se reposer dans son ranch de Jalapa. Une sorte de préfiguration de Georges Bush Junior, en sorte!
Oublions cela et laissons juste ressortir deux aspects plus sympathiques du personnage; le premier sur sa noblesse de vue à son époque, le deuxième sur sa curiosité et richesse d’idées.
Pour le premier aspect, qui n’oubliera pas que lorsque, dos au mur, lâché par les politiques de México, Santa Anna est acculé à vendre le tiers du territoire Mexicain à l’Union du Nord, il a certes empoché une partie de la somme pour aller guerroyer, mais il a aussi demandé des contreparties. Quelles furent-elles? que dans tous les états qui passeraient d’une union à l’autre, ne soit pas instauré l’esclavage et que ne soit pas autorisée la peine de mort !!! L’Espagne avait de la grandeur, face aux arrivistes et pragmatistes du Nord … qu’en fut-il pour les noirs des états du Sud, après la vente ? et qu’en est-il pour l’état qui passe encore des centaines de personnes chaque année sur la chaise électrique plus de cent cinquante années après la parole donnée, les anciens territoires du Nord du Coahuila, aujourd’hui administrée par la famille Bush? Certes, ils sont plus riches que les états de l’union Mexicaine, mais ils n’ont pas respecté leur parole de « caballero » (qui sonne mieux que parole de « gentlemen » dans ce cas).
Le deuxième aspect de Santa Anna est plus ludique ; durant son dernier voyage à New York, Santa Anna modifia sans le savoir les coutumes des habitants du pays qui le recevait. En effet, il employa un jeune homme, James Adams, comme secrétaire et interprète. Ce jeune homme remarqua que Santa Anna mâchait des boules de latex d’un arbre du Yucatan, appelé Chicozapote ou « Chiclè » en Maya (ce qui veut dire la mâchoire qui bouge). A la fin de son séjour, le général lui vendit son stock de « Chiclè ». James Adams inventa un processus pour créer une version synthétique de ce latex, en y ajoutant des édulcorants et il créa bientôt la « Adams Chewing Gum Company »! Une vieille coutume des Indiens du Yucatan, région qui elle aussi, tenta plusieurs fois de se rendre indépendante dans ces années 1850.
Pour les personnes intéressées: www.chicle.com.mx , puisque des entrepreneurs ont recommencé à fabriquer, dans le Yucatan, des vrais « Chewing Gum »!

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