Je retrouve cette semaine Barcelone avec un grand plaisir même si le temps n’est pas de la partie. Il fait en effet une pluie fine, à la Bretonne, sur les édifices élégants et si bien alignés de la capitale de la Catalogne. Ce n’est que la troisième fois que ce congrès du GSM se passe ici, depuis qu’il a quitté les rives de Cannes, mais j’ai déjà pris mes petites habitudes. La ville est à taille humaine, deux millions d’habitants je crois, c’est donc une capitale avec tous ses attributs, mais sans avoir la taille qui rebute parce qu’on ne sait plus en faire le tour. D’ailleurs pour moi, les vraies villes se situent entre les « petites » comme Aix en Provence ou Rennes, où il est encore possible de se balader à pied dans le centre ville, et les « grandes » comme Barcelone ou Marseille, villes encore raisonnables où l’on comprend les articulations de leurs plans, sans se perdre trois fois auparavant. Paris « intra-muros » est encore dans ce cas, imaginable, mais pas son agglomération qui est sortie de l’épure. L’aéroport est immense et moderne, comme des tas d’aspects de cette ville fascinante. Certes, il y a les Gaudi et les Miro, et puis les alentours avec les ombres de Salvador Dali ; mais, ils ont leurs descendants ! Moins connus, parce que l’histoire n’a pas encore fait son tri, mais qui ont continué dans les traces des grands maitres. Les touristes qui viennent à Barcelone sont cultivés et les Barcelonais le sont aussi. On se sent dans une ville d’Histoire et de Culture, ainsi que dans la capitale industrielle de l’une des deux provinces les plus riches des Espagne’s. Car malheureusement, c’est un peu comme cela qu’il faut appeler le pays qui d’une décentralisation prudente après les années de Franquisme, a perdu le contrôle de son agenda en termes de construction d’un état qui pratiquerait un sain principe de subsidiarité dans ses Provinces, au sein d’un état fort, au sein d’une Europe qui se cherche. On entend dire que la Catalogne ou le Pays Basque voudrait présenter leurs équipes de football, dans le concert Européen, à la manière de l’Ecosse ou du Pays de Galle (pour le Rugby). Or, comme nous le savons, le football est un miroir toujours révélateur des pulsions des peuples. Par contre, ce qui risque de changer la donne, c’est la présence d’immigrés Latino-Américains, qui viennent redonner à l’Espagnol des couleurs différentes, mais le renforce face au Catalan, qui se recroqueville dans une bourgeoisie refermée sur elle-même et parfois hautaine. Le matin dans la rue, dans les restaurants et les hôtels, ce sont des Boliviens, des Equatoriens, des Péruviens, qui travaillent et vous servent. C’est une chance pour l’Espagne de redynamiser sa démographie en complète implosion, avec des individus qui ont des capacités multiples et surtout rapides d’intégration. Bref, si INSIDE crée un jour une filiale à Barcelone, je suis candidat pour aller y travailler !